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C'était passé comme une lettre à la poste avec Zoë. Ce fut une autre histoire avec Bertrand, que notre décision ne réjouissait pas. Il n'aimait pas l'idée que sa fille vive si loin de lui. Mais Zoë lui rétorqua fermement que sa décision était prise. Elle lui promit de rentrer tous les deux mois pour le voir, ajoutant que s'il le désirait, il pouvait prendre l'avion pour venir lui rendre visite, ainsi qu'au bébé. J'expliquai à Bertrand que rien n'était encore sûr, que ce déménagement n'était pas définitif. Que ce n'était pas « pour toujours ». Juste pour quelques années, une ou deux, pas plus. Le temps que Zoë intègre son côté américain. Le temps que je me remette, que je puisse envisager de redémarrer une vie nouvelle. Il habitait désormais chez Amélie. Ensemble, ils formaient ce que l'on appelle un couple officiel. Les enfants d'Amélie étaient presque des adultes et ne vivaient plus sous le toit de leur mère ou faisaient des séjours réguliers chez leur père. Était-ce la perspective de pouvoir vivre sa nouvelle vie sans la responsabilité quotidienne d'aucun enfant ? Toujours est-il qu'il finit par accepter. Les préparatifs de notre départ pouvaient commencer.
Nous restâmes quelque temps chez Charla, qui m'aidait dans mes recherches. Nous finîmes par trouver un « appartement de deux chambres, avec vue et doorman » sur la 86e Rue Ouest, entre Amsterdam et Columbus. C'était une sous-location, l'appartement était celui d'une de ses amies partie vivre à Los Angeles. L'immeuble était plein de familles, divorcées ou non. Une vraie ruche, bruyante, grouillante de bébés, de jeunes enfants, de vélos, de poussettes, de trottinettes. L'appartement était confortable et cosy, pourtant, là aussi, il manquait quelque chose. Quoi ? Je n'aurais su le dire.
Grâce à Joshua, j'avais trouvé une place de correspondante pour un site Internet français en vue. Je travaillais à la maison et j'utilisais toujours les services de Bamber quand j'avais besoin de clichés de Paris.
Zoë allait au Trinity College, à deux blocks de notre immeuble. « Maman, je ne m'intégrerai jamais, tout le monde m'appelle la « Frenchy » ! » Elle se plaignait. Mais cela me faisait sourire.