38557.fb2
Le professeur Mangemanche tapotait le dos de Colin.
– Ne vous en faites pas, mon vieux, lui dit-il. Ça peut s’arranger.
Colin regardait à terre, l’air écrasé. Chloé lui tenait le bras. Elle faisait de gros efforts pour paraître gaie.
– Mais oui, dit-elle, il n’y en a pas pour longtemps…
– Certainement, murmura Colin.
– Enfin, ajouta le professeur, si elle suit mon traitement, elle ira probablement mieux.
– Probablement, dit Colin.
Ils étaient dans le vestibule rond et blanc et la voix de Colin résonnait contre le plafond comme si elle venait de très loin.
– En tout état de cause, conclut le professeur, je vous enverrai ma note.
– Bien entendu, dit Colin. Je vous remercie de vos soins, docteur…
– Et si ça ne tourne pas mieux, dit le professeur, vous viendrez me voir. Il y a la solution de l’opération que nous n’avons p as même envisagée…
– Mais oui, dit Chloé en serrant le bras de Colin et, cette fois, elle se mit à sangloter.
Le professeur tirait sa barbiche à pleines mains. C’est très embêtant, dit-il.
y eut un silence. Une infirmière parut à travers la porte transparente et tapa deux petits coups. Un voyant vert «Entrez» s’alluma devant elle, dans l’épaisseur de la porte.
– C’est un monsieur, qui m’a dit de prévenir Monsieur et Madame que Nicolas était là.
– Merci, Carogne, répondit le professeur. Disposez, ajouta-t-il, et l’infirmière s’en fut.
– Eh bien! murmura Colin, nous allons vous dire au revoir, docteur…
– Certainement… dit le professeur. Au revoir… Soignez-vous… tâchez de partir…